La rétrospective OBSTAKLES de Willem Oorebeek rassemble une quarantaine de groupes d’œuvres, exposées individuellement ou en série, couvrant une période allant du début des années 1980 jusqu’à aujourd'hui. La curatrice de l’exposition, Pauline Hatzigeorgiou, nous fait découvrir l'exposition en présentant cinq œuvres emblématiques de la pratique artistique d'Oorebeek.

Installation view: 'Willem Oorebeek: OBSTAKLES'.
WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: We Document Art.

WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: We Document Art.
1. BLACKOUTS, 1999-en cours
La série BLACKOUT de Willem Oorebeek débute en 1999, lorsque l’artiste « découvre » un principe qu’il va expérimenter sur de nombreux supports : l’application d'une couche d'encre noire sur un document imprimé. Ce processus de surimpression, initialement pensé comme un geste d’affection, prive le matériau d’origine de sa lisibilité tout en laissant transparaitre, de manière énigmatique, les images ou le texte d’origine. En fonction de la réflexion de la lumière et de la position de la personne qui observe, l’œuvre change d’apparence et révèle différents contenus. Ainsi, BLACKOUT nous invite à une chorégraphie du regard, en soulignant l’importance du contexte et du le rôle actif du public dans la perception de l’œuvre.

WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: We Document Art.
2. Vertikal Klub, 1994-2005
L'intérêt de Willem Oorebeek pour la sélection d’images issues des médias naît de dans son désir d’interagir avec la chaîne de communication, et celui de la briser. Depuis sa création en 1994, Vertikal Klub a pris plusieurs formes. La série comprend une collection de portraits « en pied » que l’artiste sélectionne dans des pages de magazines et agrandit à taille réelle. À travers cette série, Oorebeek explore les diverses conventions du portrait et la manière dont chaque individu « négocie » ces conventions pour se représenter, tout en étant simultanément soumis aux pressions sociales et médiatiques.

WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: Melissa Fauve.
3. The Last Emperor Of The Wall Street Journal (Alan Greenspan), 2004
Cette grande tapisserie représente Alan Greenspan, économiste et ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis. L'image, tirée du Wall Street Journal, reflète la fascination d’Oorebeek pour le style emblématique du portrait « Hedcut » — des illustrations, à la plume et à l’encre, méticuleusement réalisées pour les portraits en demi-colonne du magazine. Cette minuscule vignette de journal, une fois agrandie, révèle trois couches d’images superposées : le portrait imprimé et la typographie, l’image transparaissant au verso, et enfin les fibres du papier.

WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: We Document Art.
4. Budget Eating, 1953 (en collaboration avec Koenraad Dedobbeleer)
L'installation Budget Eating se compose de cinq vidéos crées par Willem Oorebeek et Koenraad Dedobbeleer. Nommé pour un prix d’art, Dedobbeleer invite Oorebeek à collaborer en proposant d'utiliser le budget de production alloué par l’institution pour financer une série de repas au restaurant. Sur une période d’environ deux mois, les deux artistes partagent une douzaine de dîners. À chaque repas, une caméra placée sur la table enregistre la scène, capturant à la fois les détails du repas et l’atmosphère de chaque lieu. Ces enregistrements aboutissent à cette installation vidéo qui questionne la mise en compétition des artistes dans le cadre de prix artistiques, tout en faisant résonner d’autres traditions, de la nature morte hollandaise à une réflexion sur la consommation des œuvres.

WIELS Centre for Contemporary Art, Brussels, 2025.
Courtesy the artist. Photo credit: We Document Art.
5. Getuigen voor Den Bosch, 1996
Cette grande tapisserie en laine, de 10 mètres de long sur 2 mètres de haut, avait initialement été créée dans le cadre d’une exposition de groupe au Palais de Justice à Den Bosch en 1996, avec l’objectif d’améliorer l’acoustique de ses couloirs. Son motif noir et blanc, d'apparence abstraite au premier regard, provient de l’agrandissement de détails sélectionnées dans des images de presse. Dans ces images, les spectateur.rices sont floutés et relégués à l’arrière-plan tandis que l’attention se porte sur l’action en cours. Cette représentation d'une masse brumeuse de spectateurs reflète le rôle du témoin dans un contexte judiciaire.